"Le couchsurfing est à l’hébergement ce que l’auto-stop est au transport touristique, en quelque sorte."
(Alain DECROP, Livie DEGROOTE)

En direct le 7 mars, à 20h sur Choq.ca
Pour aller plus loin:
Réseau d'hospitalité couchsurfing :
Le premier réseau : Servas international
Le mémoire de maîtrise de Pauline Neveu
"Quatre histoires extraordinaires de canapé"
Analyse d'Alain Decrop et Livie DeGroote, "Un réseau d’hospitalité entre opportunisme et idéalisme"
Le Couchsurfing : une pratique touristique de la rencontre. C'est l'intitulé de la thèse de sociologie de notre invitée de lundi, Pauline Neveu.
Couchsurfing est un réseau d’hébergement, chez l’habitant, gratuit, pour quelques jours entre membres. Littéralement c'est l'expression de "surfer d'un canapé à l'autre".
Au-delà de l'aspect économique qui change le voyage quand l'hébergement est gratuit, c'est surtout l'hospitalité des hôtes qui est mise de l'avant par les utilisateurs. On retrouve l'essence de recevoir quelqu'un chez soit. Mais ce quelqu'un est un inconnu, alors peut-être que la façon de recevoir diffère que lorsque l'on reçoit des amis. Les discussions diffèrent. On s'ouvre à la nouveauté. Il faut être flexible. La vision du confort d'un pays à l'autre varie, ou au sein d'une même ville, d'un hôte à l'autre, d'un invité à l'autre.
Ce concept de couchsurfing est né de la volonté de "voyager autrement" : de vouloir être "du" lieu et non pas "dans" un lieu. De la volonté de ne pas être un touriste. Le site internet couchsurfing.org, créé par l'Américain Casey Fenton, voit le jour en 2004. En 1999, étudiant, il voyage une fin de semaine à Reykjavik. Il ne veut pas aller à l'hôtel, il préfère dormir chez l'habitant. Il écrit à 1500 étudiants de Reykjavik pour savoir s'il peut dormir sur leur canapé. Plus d'une centaine ont répondu. À son retour, il décide de créer un site qui met en contact les voyageurs et les locaux.
Avant internet, cette idée existait déjà. C'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1949, que Bob Luitweiler crée Servas Open Doors dans le but "d’œuvrer à la paix entre les races et les nations" (qui existe encore). "Convaincus que le fait de mieux se connaître en séjournant les uns chez les autres était le meilleur moyen d’éviter la guerre et de promouvoir la paix et la tolérance." (Bialski, 2009; Jennie GERMANN MOLZ, 2012). Est-ce que le couchsurfing diffuse des valeurs de paix, de tolérance grâce au voyage et aux échanges interculturel, c'est ce que nous verrons avec notre invitée Pauline Neveu, étudiante au doctorat en sociologie à l'UQAM, à Montréal. Transformé depuis août 2011, d’organisation à but non lucratif en entreprise, ses valeurs ont-elles changé ? Qui sont les couchsurfers ? Hôtes ou invités ? Est-ce que cette hospitalité est réciproque ?
On sait que le site va au-delà de l'hébergement et que les couchsurfers organisent des soirées ou des randonnées entre membres. Notre invitée se demande en quoi un réseau d’hospitalité modifie la manière de chercher un lien social entre inconnus, et quelle est la nature de ce lien ?
Cette semaine nous retrouvons les chroniques de Marion Spée et de Marianne Desautels.
Dans l'actualité des sciences de Marion a fait des recherches sur « Les bonobos [qui] se souviennent de leurs anciens compagnons », « Attraction mortelle : quand le chimpanzé parasité se jette dans les griffes du léopard », « Du bruit sous l’océan Pacifique ».
En fin d'émission, Marianne a choisi de faire le portrait de Marcelle Gauvreau dans sa chronique Femmes en sciences. Marcelle Gauvreau, spécialiste des algues du Saint-Laurent, connue comme le bras droit du frère Marie-Victorin. Une des premières femmes scientifiques du Québec, elle a fondé et dirigé une école de sciences naturelles dans les années 30 : L’école de l’Éveil.
Bonne écoute!
L'oeuf ou la poule ?, l'émission de vulgarisation scientifique, est diffusée tous les lundis à 20h, sur Choq.ca, la radio web de l'Université du Québec à Montréal. L'émission est ensuite disponible en baladodiffusion sur la page de l'émission sur Choq.ca
Vous pouvez écouter les émissions précédentes sur notre page Choq.ca. Nous complétons les entrevues en partageant des photos, des articles et des vidéos sur le Facebook et le Twitter de l'émission.